Dans le cadre d'un programme d'échanges pédagogiques européens, le collège a eu le plaisir d’accueillir Anna González Rodríguez, professeure de FLE (Français Langue Étrangère) à l’I.E.S. Campo Charro de La Fuente de San Esteban, près de Salamanque, en Castille-et-León.

Venue effectuer un stage d’observation (job shadowing) dans le cadre du Projet d’Innovation Éducative PIE Observa_Comunica_Acción du Centre de Formation du Professorat en Langues de Castille-et-León (CFPI), Ana a partagé pendant plusieurs jours le quotidien des équipes éducatives du collège.


Señora González Rodríguez y Señora Bouvier

Durant son séjour, elle a principalement assisté aux cours d’espagnol, mais elle a également découvert d’autres aspects de la vie de l’établissement à travers des cours d’EPS, de physique-chimie, de SVT ou encore le club grec. Cette immersion lui a permis d’observer non seulement les pratiques pédagogiques françaises, mais aussi l’organisation globale d’un collège français : le fonctionnement du CDI, de la cantine scolaire ou encore de la vie scolaire, structures qui n’existent pas sous cette forme en Espagne.

Mes élèves hispanisants ont également eu la chance de profiter directement de la présence d’Ana González Rodríguez au sein du collège. Lors de plusieurs interventions en cours d’espagnol, elle leur a présenté, entièrement en langue espagnole, le fonctionnement de son établissement ainsi que le quotidien des collégiens espagnols. Une immersion authentique et concrète qui a permis aux élèves de développer leur compréhension orale tout en découvrant une autre culture scolaire européenne à travers le regard d’une enseignante native.

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Ces échanges ont pour objectif de comparer les systèmes éducatifs européens, d’interroger nos habitudes de travail et de s’inspirer mutuellement des pratiques les plus enrichissantes pour les élèves comme pour les enseignants.

Le regard d’Ana sur le collège français

Qu’est-ce qui t’a le plus étonnée ?

« Sans doute les horaires. Le fait de manger à la cantine signifie que les collégiens passent toute leur journée dans l’établissement, où l’on apprend, échange et acquiert des compétences pour vivre en communauté et respecter des règles.

En Espagne, les élèves rentrent manger à la maison. Ensuite, la journée continue souvent avec des cours particuliers privés afin d’éviter que les collégiens ne restent seuls chez eux lorsque les parents travaillent. Cet effort supplémentaire, loin de lutter contre l’échec scolaire, rend parfois les élèves plus dépendants. Je privilégie davantage l’autonomie que les élèves acquièrent en France en passant la journée au collège. »

« Certains aspects m’ont aussi amusée : les professeurs font entrer les élèves un par un en leur disant bonjour, et ils ne s’assoient pas avant qu’on leur en donne l’autorisation. Le vouvoiement n’existe quasiment plus en Espagne. Et j’adore les sonneries entre les cours ! »

Un point positif ?

« Une ambiance bienveillante, où règnent le respect, l’écoute et l’entraide, le tout dans un décor superbe : les Baronnies. »

Un point négatif ?

« Le trajet pour arriver jusqu’à Buis-les-Baronnies est compliqué à cause des nombreux moyens de transport à enchaîner. Mais c’est précisément cet éloignement des grands axes qui fait de cet endroit un véritable coup de cœur.

J’ai cherché un point négatif, mais je n’en trouve aucun. Tout s’est passé à merveille grâce à toute l’équipe humaine qui a rendu cela possible. »

Quelles différences principales observes-tu entre les deux systèmes ?

« La différence principale est l’absence, en Espagne, d’un service équivalent à la vie scolaire française. Les entrées et sorties des élèves sont gérées par les concierges. Les remplacements des professeurs absents sont assurés par d’autres enseignants : nous devons assurer jusqu’à trois remplacements par semaine sur notre emploi du temps. »

« Une autre différence majeure concerne l’équipe de direction. En Espagne, elle est toujours composée d’enseignants de l’établissement : la direction, le chef des études et l’intendance sont assurés par des professeurs qui continuent également à enseigner. Ils sont à mi-temps enseignants, à mi-temps personnels de direction. C’est un vrai défi. »

Ce stage d’observation aura été une expérience enrichissante autant sur le plan professionnel qu’humain. Il confirme l’importance des projets européens qui permettent aux établissements de s’ouvrir à d’autres réalités éducatives, tout en mettant en lumière les nombreuses qualités de notre collège : son climat scolaire apaisé, son dynamisme pédagogique et la forte implication de ses équipes.

Mme Bouvier.